Anthony Proz au Panthéon des Spartan Race

 

Le week-end dernier représentait le plus grand rendez-vous de l’histoire de No Difference avec les Spartan Race. Ils étaient en effet seize – dont Aldo, Alain, Melina et Ricardo qui constituent l’excellent staff Image-Media – à Morzine sur un parcours impitoyable dans les Alpes françaises. Au sein de la délégation de l’association genevoise qui soutien notamment des athlètes en situation en handicap, qui peut s’enorgueillir d’avoir terminé victorieusement toutes les épreuves, on trouvait Anthony Proz. Qui devait relever un énorme défi. Il était en effet inscrit à l’Ultra Beast (42 kilomètres +), la compétition la plus exigeante de toutes; en compagnie de son entraîneur et binôme Claudio Alessi.

Samedi 1er juillet, Anthony est entré dans le Panthéon des Spartan Race. Les organisateurs ne s’y sont pas trompés en lui décernant des louanges, une place importante dans les annales au moment des laurierset dans leurs relations publiques auprès des médias. Il a maîtrisé laterrible Ultra Beast à laquelle il était confronté. La première qui se déroulait en Europe. Son mérite apparaît d’autant plus évident qu’il est le seul et premier athlète handicapé à y être parvenu.

Epuisé, mais heureux, il avouait, au lendemain de son fabuleux exploit: «J’ai l’impression d’avoir carrément dépassé les limites de l’épuisement. Je suis lessivé au-delà de ce que je pouvais imaginer. Je souffre de partout, je n’ai plus de jambes; des douleurs indescriptibles. Mais je ressens un plaisir et une fierté immenses. Et aussi une profonde reconnaissance envers Claudio. Sans son soutien, ses encouragements et…ses engueulades, je n’y serais jamais parvenu. Nous sommes passés par tous les états d’âme avant l’ultime délivrance, ambrée d’émotions et de larmes de joie».

L’athlète de No Difference évoque le parcours: «Implacable, d’autant plus qu’il était situé en pleine montagne, avec 60 obstacles à franchir. Une rivière et ses cailloux, une cascade et un lac glacés à franchir deux fois. Sans oublier de terrifiantes montées. Songez que nous avons affronté un dénivelé de… 4000 mètres; le Mont-Blanc quoi! Avec au sommet la pointe de Nyon, où aucun véhicule ne pouvait venir vous aider. Bref, on a vécu le summum des Spartan, un sorte d’Iron Man».

Il en fallait des ressources morales pour vaincre de tels obstacles. «Oui, J’ai bien supporté les sept premiers kilomètres. Après c’est le moral et certains automatismes que j’ai acquis qui ont pris le relais. Et Claudio dont j’ai emboîté le pas et marché dans ses traces. Il a su masquer ses souffrances pour s’occuper des miennes. Du coup, nous sommes parvenus à franchir le premier tour dans le délai imparti qui était de 6 heures. Le pire se produisit à ce moment là, lorsque je me suis dit qu’il fallait tout recommencer. Alors j’ai ressenti un gros coup d’adrénaline et nous avons coupé la ligne d’arrivée après 11 h. 47 d’effort. Mais Dieu que ce fut difficile».

Et après, la fête? «Ah non. J’ai partagé un plat de riz avec Claudio et à 9 h. 30 j’étais couché!»

Claudio Alessi ajoutait : «Ce fut une aventure incroyable, exaltante. Après avoir découvert le parcours au premier tour, nous avons accéléré lors du second. J’ai dû un peu bousculer Anthony, lorsqu’il a connu un gros coup de mou au milieu de la deuxième boucle. Il s’est arrêté au milieu d’une ascension. Alors je lui ai un peu brutalement lancé: «Tu a vaincu ton handicap depuis ta naissance. Tu ne vas pas de te laisser arrêter par une colline à deux balles après tout ce que l’on a accompli jusqu’ici!». Ma harangue a fait son effet et nous sommes repartis de plus belle».

Un bilan exceptionnel est venu couronner cette épopée: «No Difference a en effet réalisé une fois de plus un carton plein. Sammy, Ali et Alexander ont encadré ma fille Claudia pour terminer avec succès le Sprint (kilomètres +) samedi. Dimanche Alexander, Ali, Sammy, Manu et Jill ont escorté Pascale, notre mal-voyante et son binôme Lucie pour atteindre avec succès la ligne d’arrivée de la Super (17 kilomètres +). Voilà le fruit d’un entraînement assidu durant des mois. A ce succès, il faut aussi associer nos fidèles partenaires la Fondation Lombard Odier, UBS, Qoqa, Franck Dubarry, EVO Fitness et OT Swiss sans lesquels rien ne serait possible», confiait Claudio.

Quant aux deux femmes qui disputaient une Spartan Race pour la première fois ensemble, elles se réjouissaient: «Nous sommes trempées, mais heureuses, Claudio nous a fait la surprise du chef en nous annonçant que nous allions nous aligner sur 17 kilomètres au lieu des 8 prévus. Mais j’ai vécu une expérience merveilleuse, avec mon amie Lucie et entourée d’une super escorte», lançait Pascale. Quant à son binôme Lucie, elle ajoutait: «Nous étions bien préparées physiquement et mentalement ce qui nous a permis de surmonter les difficultés. On se réjouit déjà de la prochaine étape».